Le général en chef Bennigsen avait depuis quelque temps fait fortifier la position au sud-ouest de Heilsberg [Lidzbark Warminski], en ordonnant des retranchements qui puissent le mettre à même de soutenir un engagement général. Le prince Bagration se retira sur Reichenberg et Liebenberg, où il prit position le soir du 9 juin. L’armée russe se retira par la rive droite de l’Alle sur Heilsberg, où elle arriva dans la nuit. Elle n’avait laissé qu’une division sur la rive gauche de l’Alle.
L’avant-garde enleva les divers camps abandonnés par l’ennemi. Un kilomètre au-delà de ces camps, l’arrière-garde russe se montra en position près de Launau. Cette division d’avant-garde, aux ordres des généraux Borosdin et Lvov, fut progressivement renforcée de onze bataillons et quinze escadrons. Elle comprenait quinze mille hommes d’infanterie et quinze à dix huit mille hommes de cavalerie selon les témoignages français.
À 8 heures du matin, Murat l’ayant attaquée, l’avant-garde russe se replia jusqu’à la tête du défilé de Bewernick. Murat continua son mouvement et dépassa Langwiese.
Vers 10 heures, l’Empereur arriva sur le champ de bataille ; voyant les Russes se retirer sur Heilsberg sans avoir opposé jusque-là une résistance particulièrement opiniâtre, il les fit serrer de près par Murat et Soult, bien qu’il n’ait pas d’autres troupes sous la main.
Le prince Bagration, venant de Reichenberg avec son corps d’arrière-garde, se hâta de passer l’Alle au pont d’Amt-Heilsberg pour soutenir le détachement d’avant-garde menacé d’être refoulé. Il se forma en face de Bewernick, à droite et à gauche de la route de Heilsberg à Leibstadt, et établit une batterie dont le feu arrêtait dans Bewernick la tête des colonnes du maréchal Soult. Celui-ci fit avancer trente six pièces de canon pour protéger le passage de ses divisions.
La division Legrand marchait sur la gauche, par Lawden, pour s’emparer de la pointe d’un bois dont l’occupation était nécessaire afin d’appuyer la gauche de la cavalerie de réserve. Les divisions Carra-Saint-Cyr et Saint-Hillaire marchèrent sur la droite, par Bewernick, vers la position de Bagration.
La division Carra-Saint-Cyr se présenta la première, en colonne par brigades. Pendant ce temps la division de cuirassiers d’Espagne et celle de dragons de Latour-Maubourg, se portant à gauche, traversèrent le village de Langwiese.
Menacé sur son flanc droit et sur ses derrières par la cavalerie française, le prince Bagration commença un mouvement rétrograde qui fut pour la division Carra-Saint-Cyr le signal d’une attaque à outrance. Les deux premières lignes russes furent enfoncées et mises en désordre ; une forte colonne d’infanterie fut presque entièrement détruite par les 4e, 24e et 28e régiments.
Bennigsen envoya au secours de Bagration une forte colonne de cavalerie, composée de vingt cinq escadrons, commandée par le général Ouvarov. Les deux divisions de la cavalerie française n’avaient pas achevé de se déployer, qu’elles furent chargées par la cavalerie russe.
La moitié de cette cavalerie fut arrêtée par le feu d’une batterie placée en arrière de Lawden. La cavalerie française fut rejetée au-delà du village de Langwiese. Mais, s’étant reformée, elle revint à la charge et culbuta à son tour la cavalerie russe, lui enleva deux pièces de canon et la poursuivit jusqu’au ruisseau du Spinbach.
Le général Koschin [ou Koring], qui était resté sur la grande route avec la moitié de la cavalerie, contint assez longtemps la cavalerie française pour faciliter aux troupes de Bagration en retraite le passage du pont du Spinbach, où il fut tué.
La division Carra-Saint-Cyr, qui, depuis une heure, soutenait le combat avec l’arrière-garde et les troupes de Bagration, avait perdu beaucoup d’hommes. Elle s’arrêta au bord du Spinbach et subit le feu des redoutes de la rive droite de l’Alle. Elle fut relevée par celle du général Saint-Hillaire qui marchait en seconde ligne.

Les régiments et brigades qui n’ont probablement pas combattus à Heilsberg sont indiqués en italiques. Par convention entre les joueurs, ils peuvent être ajoutés.
Français : La division Carra-Saint-Cyr, se déploie entre la route (en rouge) et le village de Bewernick. La division Legrand se déploie entre Langwiese et Lawden. Les divisions de cavalerie se déploient derrière Langwiese. La division Saint-Hillaire entre derrière Carra-Saint-Cyr à partir de la troisième séquence.
Russes : Le corps d’avant-garde occupe la route. Les corps de Bagration et Ouvarov sont en colonne. L’artillerie de Bagration peut être réunie en une unique grande batterie à mi-chemin de l’avant-garde et de Bagration.
Par plaquette française
perdue - 1
Par plaquette russe perdue
- 1
Par plaquette d’avant-garde
sauvée + 1
Pour le train d’équipage
+/-10
Français
1re division - Saint-Hillaire 5+1
Brigade Candras
10e léger
2 x 4 pl. 6
14e de ligne
2 x 4 pl. 6
Brigade Buget
22e de ligne
2 x 4 pl. 5
36e de ligne
2 x 4 pl. 4
Brigade Latrille
43e de ligne
2 x 4 pl. 5
55e de ligne
2 x 4 pl. 5
Artillerie de la division
1 batterie à pied
(8£) 1 x 2 art. 5
1 batterie à pied
(6£) 1 x 2 art. 5
2e division - Carra Saint-Cyr 5+1
Brigade Raymond
24e léger
2 x 4 pl. 5
Brigade Aimey
4e de ligne 2
x 4 pl. 5
28e de ligne
2 x 4 pl. 5
Brigade Ferey
46e de ligne
2 x 4 pl. 5
57e de ligne
2 x 4 pl. 6
Artillerie de la division
2 batteries à pied
(6£) 1 x 4 art. 5
3e division - Legrand 4
Brigade Ledru
26e léger
2 x 5 pl. 5
18e de ligne
2 x 5 pl. 5
Brigade Lamartinière
75e de ligne
2 x 5 pl. 5
105e de ligne
2 x 4 pl. 5
Brigade Pouzet
Tirailleurs corses 1 x 3
pl. 6
Tirailleurs du Pô
1 x 3 pl. 6
Artillerie de la division
2 batteries à pied
(6£) 1 x 4 art. 5
Génie - colonel Cabeau 4
1 batterie à pied
(12£) 1 x 3 art. 5
2 cies de pontonniers
2 pl. 5
Cavalerie légère - colonel Soult 4
8e de hussards
2 pl. 6
16e de chasseurs
2 pl. 4
26e de chasseurs
2 pl. 5
1 batterie à cheval
(8£) 1 x 3 art. 5
Réserve de cavalerie - maréchal Murat 4+2
1re division de dragons - Latour-Maubourg 5+1
1re brigade Péreymond
5 pl. 4
1er dragons
2e dragons
2e brigade Digeon
5 pl. 4
4e dragons
14e dragons
3e brigade d'Oullembourg
5 pl. 4
20e dragons
26e dragons
1 batterie à cheval
(8£) 1 x 2 art. 5
3e division de grosse cavalerie - Espagne 4
Brigade Reynaud 5 pl. 6
4e cuirassiers
6e cuirassiers
Brigade Fouler 5 pl. 6
7e cuirassiers
8e cuirassiers
1 batterie à cheval
(4£) 1 x 2 art. 5
Division de cavalerie légère - Lasalle 5+1
Brigade Pajol
5e et 7e
hussards 3 pl. 6
3e chasseurs
2 pl. 4
Brigade Durosnel
7e, 20e
et 22e chasseurs 6 pl. 4
Brigade Wattier
11e chasseurs
3 pl. 4
2e chevau-légers
bavarois 1 pl. 4
Chevau-légers würtembergeois
2 pl. 4
Avant-garde - général Lvov 3
Détachement de la
6e division - Brigade Rachmanov
Mousquetaires de Nizov 3
x 3 pl. 5
Mousquetaires de Reval 3
x 3 pl. 5
Détachement des réserves
- Brigade Verdérevsky
2e Jägers
2 x 3 pl. 4
Bataillon de milices 1 x
3 pl. 2
Mousquetaires Kexholm 3
x 3 pl. 5
1 batterie de milice (6£)
1 x 2 art. 2
Cavalerie de la 6e
division
Ulhans Tartares 4 pl. 4
Dragons de Kiev 2 pl. 5
½ batterie montée
cosaque (6£) 1 x 3 art. 2
Division - général Bagavout 2
Brigade de chasseurs
3e Jägers
3 x 3 pl. 4
4e Jägers
3 x 3 pl. 4
5e Jägers
3 x 3 pl. 4
7e Jägers
3 x 3 pl. 4
Cavalerie - colonel Tchepelev
Hussards de Grodno 5 pl.
5
Hussards de Pavlograd 5
pl. 6
1 cie d'artillerie à
cheval (6£) 1 x 3 art. 5
Division - généraux Raïevsky, Bestuscedev 3
Brigade colonel Ogarev
20e Jägers
3 x 3 pl. 4
23e Jägers
3 x 3 pl. 4
24e Jägers
(Vlastov) 3 x 3 pl. 4
Brigade colonel Fritsch
25e Jägers
3 x 3 pl. 4
26e Jägers
3 x 3 pl. 4
Cavalerie de l'aile droite - général Ouvarov 4
Brigade Jourkovski
Hussards de Soum 5 pl. 5
Hussards de Elizabethgrad
5 pl. 5
Uhlans de Lithuanie 2 pl.
4
Brigade Dolgorouki
Dragons de Kazan 2 pl. 5
Dragons de Riga 2 pl. 5
Dragons de Courlande 3 pl.
4
1 batterie légère
(6£) 1 x 3 art. 5
Brigade Koschin
Cuirassiers de petite Russie
3 pl. 6
Cuirassiers de Saint-Georges
3 pl. 6
Cuirassiers du corps 3 pl.
6
Le jour était sur son déclin, et le corps de réserve du maréchal Lannes n’était pas encore arrivé.
Entre 5 et 6 heures, la division Saint-Hillaire, ayant en seconde ligne celle du général Carra-Saint-Cyr, se porta en colonne serrée jusqu’à demi-portée de fusil de la redoute n° 1 ; elle fut accueillie sur son front par un feu dévorant d’artillerie et de mousqueterie, et sur son flanc droit par celui des tirailleurs russes qui bordaient la rive droite de l’Alle.
À l’aile gauche, le général Legrand, qui s’était emparé avec peine du bois de Lawden, dirigea sa droite sur la redoute n° 2, qui était au centre et en avant de la ligne russe. Le 26e régiment d’infanterie légère s’en empara après avoir repoussé cinq escadrons prussiens qui s’étaient portés à sa rencontre. Kamensky, dont la ligne de bataille se trouvait rompue à son centre par la perte de cet ouvrage, le fit d’abord canonner et mitrailler, puis reprendre par le régiment de Kalouga, de la brigade du général Wernek, qui en chassa le 26e régiment. Dans la mêlée qui eut lieu le général russe fut tué. Le 55e de ligne, qui formait la gauche de Saint-Hillaire, envoyé pour protéger la retraite du 26e léger, fut enfoncé, perdit son colonel et son aigle.
Bennigsen profitant de son avantage, fit attaquer en flanc la division Saint-Hillaire dont la gauche était parvenue à la hauteur de la redoute n° 2. Cette division eut besoin de tous ses efforts pour repousser cette attaque pendant laquelle le 10e d’infanterie légère, les 43e, 46e et 57e de ligne se signalèrent par leur ferme contenance. Les carrés français subirent plusieurs charges avant que la cavalerie française, formée derrière eux, puissent les dégager.
Les fusiliers de la garde, commandés par le général Savary, furent alors mis en mouvement pour soutenir la division Saint-Hillaire. Savary prit position entre Legrand et Saint-Hillaire. Celui-ci fut forcé de se retirer avec de lourdes pertes derrière le Spinbach.
Une seconde fois, la division du général Legrand formée en carrés par régiments et en échiquier, aidée des fusiliers de la garde, repoussa, entre le bois de Lawden et les redoutes, les charges successives de la cavalerie russe et de la cavalerie prussienne du général Zieten.
Extrait des Mémoires du général Pouget :" Le 26e régiment d’infanterie légère dont M. Pouget était colonel, soutint sa réputation. Le colonel commandant isolément le 2e bataillon reçut l’ordre de Murat de marcher sur une redoute occupée par des Prussiens, défendue par trois pièces de canon et deux obusiers et flanquée par la garde royale prussienne cavalerie. Il marcha franchement dessus l’arme au bras au milieu de la mitraille et prit la redoute. Ce bataillon seulement perdit quatre cent dix sept hommes et dix sept officiers dont le chef de bataillon. Le colonel fut blessé d’un coup de biscayen à la cuisse gauche qui tua son cheval.
" Pendant cette action le 1er bataillon commandé par M. le général de brigade Ledru, formé en carré à quelques distance de cette redoute, reçut dans son centre Murat, le général de division Legrand, le général de division Lasalle et leur état-major. Il soutint une charge de cavalerie qu’il repoussa avec une perte immense pour l’ennemi. "
À 9 heures du soir, il faisait presque nuit lorsque le corps de réserve du maréchal Lannes arriva sur le champ de bataille. L’Empereur, piqué de voir la journée se terminer sur un insuccès, le lança aussitôt sur les Russes. Le maréchal, dans l’espoir d’enlever les redoutes et de forcer l’ennemi à se retirer, engagea la division Verdier qui déborda l’ennemi afin de lui couper le chemin de Landsberg. Elle alla se heurter contre les retranchements ennemis, et plusieurs compagnies d’infanterie légère furent insulter les ouvrages retranchés des Russes. Verdier eut ensuite l’ordre de rétrograder après avoir essuyé de grandes pertes.
Le lieutenant-général Gortchakov prit le commandement de toutes les troupes russes à la fin du combat en remplacement du général Bennigsen qui était tombé malade.
Extrait des états de service du général Vedel : " Le 10 juin 1807, à Heilsberg, à la tête du 12e léger et du 3e de ligne, je m’emparai, à 11 heures du soir, de redoutes vaillamment défendues par les Russes; un grand nombre de nos braves y trouvèrent la mort; j’y fus blessé. "

Français : Tous les bataillons de la division Carra-Saint-Cyr sont réduits à trois plaquettes. Les divisions Savary et Verdier entrent par Lawden derrière Legrand au plus tôt aux troisième (Savary) et sixième (Verdier) séquences. La cavalerie de réserve, complétée par Milhaud et réduite d’une plaquette par brigade, entre librement par division derrière Legrand ou Carra-Saint-Cyr.
Russes : Le corps de Bagration, réduit de la brigade Fritsch, se place à côté de Kamensky et occupe la redoute N° 2. L’avant-garde est retirée de l’ordre de bataille et la cavalerie d’Ouvarov complétée par deux brigades et réduite d’une plaquette par régiment, rejoint la cavalerie prussienne.
Par plaquette française perdue - 1
Par plaquette russe perdue - 1
Par redoute prise ou conservée +/-10
Français
Complément à
la première phase
Sous le commandement
de Napoléon.
2e division - général Verdier 4
1re brigade Vedel
12e léger
2 x 5 pl. 5
3e de ligne 2
x 5 pl. 5
2e brigade Harispe
- Schramm
2e léger
1 x 4 pl. 5
72e de ligne
2 x 4 pl. 5
Artillerie de la division
1 batterie à pied
(6£) 1 x 3 art. 5
Détachement de moyenne garde de Savary 4
Fusilier-Chasseurs 2 x 3
pl. 5
Fusilier-Grenadiers 2 x
3 pl. 5
2 batteries à cheval
(8£) 1 x 4 art. 5
3e division de Dragons - général Milhaud 4
Brigade Maupetit 4 pl. 4
5e dragons
8e dragons
Brigade Debelle 3 pl. 4
9e dragons
12e dragons
Redoute n° 1 en défense
Redoute n° 2 en défense
1 batterie à pied
(12£) 1 x 3 art. 5
1 batterie à pied
(8£) 1 x 3 art. 5
Redoute n° 3 en défense
1 batterie à pied
(12£) 1 x 3 art. 5
1 batterie à pied
(8£) 1 x 3 art. 5
Division de réserve - comte Kamensky II 3
Brigade Werneck
Mousquetaires de Perm 3
x 3 pl. 5
Mousquetaires de Kalouga
3 x 3 pl. 5
Mousquetaires de Sievesk
3 x 3 pl. 5
Brigade Arséniev
21e Jägers
(Lapteïev) 3 x 3 pl. 4
Mousquetaires de Mohilev
3 x 3 pl. 5
Mousquetaires de Nawaginsk
3 x 3 pl. 5
Mousquetaires d’Arkhangel
3 x 3 pl. 5
½ batterie à
cheval (6£) 1 x 2 art. 5
Cavalerie prussienne - général Von Rembov 3
Brigade Baczo
Dragons Von Baczo 2 pl.
4
Hussards de Prittwitz 4
pl. 5
Brigade Von Ziethen
Dragons 3 pl. 4
Brigade ?
1er Towarczys
4 pl. 3
2e Towarczys
2 pl. 3
Batterie à cheval
"Rentzel" (6£) 1 x 3 art. 4
Cavalerie de l'aile droite - général Ouvarov 4
Cavalerie de la 8e
division - Zakomelski
Dragons de Saint-Petersbourg
2 pl. 4
Dragons d'Ingrie 2 pl. 4
Dragons de Kargopol 2 pl.
4
1 batterie légère
(6£) 1 x 3 art. 5
Cavalerie de la 7e
division
Dragons de Liefland 2 pl.
4
Dragons de Finlande 2 pl.
4
Dragons de Mittau 2 pl.
4
1 batterie légère
(6£) 1 x 3 art. 5
L’Empereur établit pour la nuit son bivouac sur les hauteurs, au Nord-Ouest, de Bewernick. L’insuccès définitif de la journée le mit de mauvaise humeur, mais il espérait encore voir l’ennemi se retirer le lendemain matin, ce qui lui donnerait tout au moins l’apparence d’une victoire.
Mais le 11 juin, à la pointe du jour, l’Empereur fut détrompé; l’armée russe était toujours en position à Heilsberg.
La coopération destructive de cette artillerie de position, presque toujours abordée à portée de mitraille, avait fait éprouver d’énormes pertes à l’infanterie française.
L’obstination de l’ennemi à défendre le terrain pied à pied, et surtout l’avantage que lui donna son artillerie de position, avaient fait éprouver de grandes pertes à l’armée française : près de sept mille hommes étaient hors de combat, dont mille cents tués ; le général Roussel, chef d’état-major de la garde impériale, qui conduisait un des régiments de fusiliers, eut la tête emportée par un boulet à l’attaque soutenue par la division Legrand ; le général d’Espagne fut blessé, ainsi que les généraux Ferey et Viviès, et un grand nombre d’officiers, parmi lesquels se trouvaient le chef d’escadron de Ségur qui avait eu un bras emporté ; le colonel du 22e de chasseurs, Bordesoul ; celui du 7e, Lagrange ; le capitaine Lameth, aide de camp du maréchal Soult, et Guéheneuc, aide de camp du maréchal Lannes. Le corps du maréchal Soult eut seul trente six officiers et six cents cinquante soldats tués, deux cent quinze officiers et cinq mille six cent treize soldats blessés. Les Russes eurent environ deux ou trois mille hommes tués, parmi lesquels les généraux-majors Koschin, Werneck et Pahlen, et de sept à neuf mille blessés, dont huit généraux.
La bataille de Heilsberg pouvait être évitée. L’Empereur avait le dessein, par des manœuvres et sans combat, de s’élever sur la droite de l’armée russe pour la couper de Kœnigsberg et de la basse Pregel. Le corps du maréchal Davout, qui, le 10, s’était rassemblé à Altkirch, en partit le 11, se porta directement sur la route de Heilsberg à Preussisch-Eylau, et prit position à Grossendorf, menaçant ainsi le flanc droit de Bennigsen. Ney et la Garde étaient à Guttstadt, Mortier était arrivé du côté de Heiligenthal. À l’approche des réserves françaises, Bennigsen évacua la position d’Heilsberg.
- Guerres de la Révolution
française et du Premier Empire. Paris, Le Vasseur, s.d., tome
9, p. 170-175.
- Guibert (Florent) : Souvenirs
d’un sous-lieutenant d’infanterie légère (1805-1815)
& Cailloux (François-René) dit Pouget : Souvenirs
de guerre (1790-1831). La Vouivre, 1999.
- Soixante dix huitième
bulletin de la grande armée, 12 juin 1807.
- Thiers A : Histoire
du Consulat et de l’Empire, Paris, 1847-1857, tome 7.
- Vedel (Dominique) :
Relations de la campagne d’Andalousie (1808). La Vouivre, 2000.
- Yorck de Wartenburg :
Napoléon
chef d’armée Baudoin, Paris, 1899 p. 390-401.
- Ganière (Paul)
: La campagne de Pologne de 1807. (avec bibliographie), Revue du
Souvenir Napoléonien, n° 357, février 1988, p. 6-25.
Remerciements : Jean-Philippe Vigne, Le Moniteur